lundi 9 mai 2011

Pointe au sel

La Pointe au Sel est l’un des spots de plongée les plus réputés de la Réunion.
Il se trouve à Saint-Leu, à 1H15 de navigation depuis Saint-Gilles.



Ces dames nous ayant fait mander à bord, nous les plongeurs, nous suivons la rue du quai pour embarquer. Sachant que la berge précède le vide, nous appareillons aux alentours de 8H30, avant d’avoir des vagues autour de la berge, en direction du sud. Les dames, alanguies sur le pont, en profitent pour goûter la faveur du ciel.



En observant France à la barre, nous méditons, tout en nous déshabillant afin de revêtir nos tenues sous-marines, à l’art d’empiler les culottes.




Dubitatifs devant le départ sur le dos de Gabriel, mes deux naïades et moi nous immergeons à notre tour. 30 mètres en dessous s’offrent à nous les fonds curieux à la rencontre desquels nous allons.



Ne craignant pas que leurs crampes ne me fassent bouder, je précède mes deux compagnes (qui le 2 avril dernier m’ont présenté un don coûteux), Marion et Christelle, à grands coups de palmes pour atteindre la berge du ravin.



Et là, passant de la crête à l’abîme, nous nous préparons à glisser vers le tombant.



Un mur vertical descend jusqu’à plus de 70 mètres ! Rien n’est trop beau dès qu’il s’agit de grandeur…






La base du rempart se perd dans une nuit abyssale. Nous sommes déjà à 40 mètres. Avec mes compagnes nous nous interrogeons. Allons-nous descendre plus bas ? Elles, craignant d’avoir le sang congelé et moi le sang qui bout, nous renonçons.



Ayant l’habitude d’être abusées par les mythes, narcosées, s’attendaient-elles à trouver Poséidon lui-même installé sur ce trône de pierre ? Ou rêvent-elles de posséder un si beau roc plein de confort ?



A défaut de moucher des tanches, elles rencontrent une escadrille de poissons cochers …



Derrière nous, et légèrement en retrait, j’aperçois Christian. Il palme vigoureusement pour garder le contact et être là en cas de besoin pour assister son président préféré. Je reconnais bien là la pétulance du flatteur… et sa philanthropie.




Précédant le groupe, entraîné par le courant, ivre de profondeur, je me laisse vaincre par ces luttes passives …


Les coraux fleur s’offrent à nous, parant le mur abyssal de joyaux colorés.






Le corail fouet…le corail noir,



les gorgones


et autres arbustes sous-marins s’accrochent à la falaise…




Mais après 22 minutes passées à 40 mètres, il est temps de remonter afin de reprendre nos conversations de palier. Christian est heureux de nous exhiber sa pierre fine.




De retour à bord, nous goûtons un repas bien mérité ancré sur le sec jaune. C’est embêtant, il est vrai, que la bise souffle jusqu’au banc.


Rendez-vous dans cette baie ? Nous sommes à la Pointe au Sel, mais ici, point de pierre dans la saline. Pas question non plus de bouffer dans la louche de quiconque.



A l’apéro, pas de petit marc doux mais une vieille fine sans dépôt (Christelle s’est d’ailleurs souillée les mains en la buvant…). Ensuite, enclins aux chutes de poids, nous entamons un repas frugal : une petite escalope sur salade tout au plus, consommée devant ces beautés de site, de la rillette en fût et de la poire au goût de terrine. Nos compagnes, nous regardant manger, trouvent néanmoins que nos frites sont belles, mais elles sont ébahies devant la mine pure de Christian. En ce qui nous concerne, nous préférons dîner en pensant… Jacqueline, quant à elle, est contrariée car elle a des quiches en moins.


En ce qui me concerne, je serais tenté de vous dire en vous présentant ce reportage remarquable et poétique :

"Mâtez-moi l'abysse !"





Texte et photos : Bernard L.

samedi 23 avril 2011

La Barge

La Barge se trouve à proximité d’une tonne flottant en baie de Saint Paul immergée par 25 m de fond au milieu d’un désert de sable noir.



Lorsque l’eau est claire la descente peut se faire en pleine eau, dans le bleu. C’est dans ce cas un véritable bonheur…



La barge apparaît alors reposant sur son lit de sable noir.


Véritable oasis au milieu de rien,  elle est habitée par des nuées de poissons cocher (Heniochis acuminatus),  par des poissons trompette,  des vivaneaux à raies bleues, des fusiliers,  des poissons ballon, des rascasses volantes parfois renversantes, telle celle-ci….

... ainsi que beaucoup d'autres espèces de l'Océan Indien, pas forcément visibles ce jour-là.



Elle est colonisée par quelques bouquets de corail fleur de la famille des Nephtéidés



Ou des oursins Echinothrix calamaris à la piqûre, paraît-il très douloureuse.

On rencontre fréquemment le classique poisson trompette Aulostamus chinensis



Ou beaucoup plus rarement le splendide poisson ange empereur juvénile Pomacanthus imperator


Habituellement farouche, la squille Odontodactylus scyllarus se laisse rarement approcher, ou observer. Celle-ci était particulièrement patiente.


Coupons à travers ce décor lunaire afin de faire de nouvelles rencontres.


Approchons-nous de l’une de ces ancres qui fixent la tonne.


Et que découvrons-nous bien cachée sous le sable ?


Une raie torpille tachetée Torpedo fuscomaculata ! Gare à la décharge !




47 minutes dans le bocal. Il est temps de remonter pour se faire 5 bonnes minutes de palier le long de la chaîne.

Texte et photos : Bernard L.










samedi 16 avril 2011

Pierre du Préfet

La Pierre du Préfet est une valeur sûre. Elle est toujours bien gardée par une escouade de «gueules pavées» ou daurades tropicales ou empereurs bossus, Monotaxis grandoculus d’un côté...


... tandis que les capucins à bande jaune Mulloidichthys flavolineatus surveillent l’autre côté.


Mélusine, la tortue verte, est toujours accoudée à son balcon, occupée à observer les passants.


Tandis que sa cousine Noémie fait son jogging du soir.


A l’abri du courant, des beauclairs lanterne, Priacanthus hamrur rougeoient, ou rougissent…


Tandis qu’un labre clown mâle, Coris aygula, passe en nous ignorant.


Une gueule pavée observe des poissons flûte qui jouent «symphonie en bleu» de leur voix fluette.


Fouinons un peu dans les recoins pour dénicher, par exemple la crevette boxeur ou crevette nettoyeuse Stenopus hispidus, souvent très timide.


Ou le mérou céleste, appelé aussi vieille cuisinière, Cephalopolis argus


Ou encore ce magnifique poisson ange empereur Pomacanthus imperator




Et pourquoi pas, chemise sur le râteau, un vrai petit bijou : le rarissime poisson pomme de pin Monocentris japonicus ?


Texte et photos : Bernard L.